Je ne note rien

March 25th, 2008

Les livres sont une vraie mine de diamants de petites phrases marquantes. Je suis toujours tenté à chaque fois de me garder un petit carnet de notes de phrases qui m’inspirent, que je trouve drôles ou simplement qui sont vraies. À toutes les fois je résiste. Pourquoi? Tout simplement parce qu’une phrase ou une pensée qu’on ne peut pas retenir seulement qu’avec sa tête n’en vaut tout simplement pas la peine.

Mark Twain est peut-être un des plus grands écrivains américains (il a écrit Les Aventures de Tom Sayer et Les Aventures d’Huckleberry Finn) en plus d’être la personne dont les citations sont les plus citées (selon mon avis personnel). J’ai récemment lu son autobiographie qui est une brique de plusieurs centaines de pages et qui est un des livres le plus drôle (tout en étant le plus triste) que j’ai lu. Twain sait comment tourner une phrase anodine en un commentaire plein d’humour et de sous-entendus. Tout le temps que je lisais, je pensais “Je devrais noter ça” mais je ne l’ai jamais fait et je ne le regrette pas aujourd’hui. Parce que de tout le livre, je n’ai retenu qu’une seule chose :

C’est pas parce qu’on a une opinion qu’il est humble de la dire publiquement

En fait, ce n’est pas dit de cette façon et comme je ne l’ai pas noté, j’ai pas la version “belle” de la citation. Par contre, j’ai gardé dans ma tête la citation qui me sonnait vraie et qui a changé quelque chose en moi.

Pour mieux comprendre cette citation, repensez à quelque chose qui vous est sûrement arrivé récemment. On entend souvent dire “Moi j’ai mes opinions et je le dis tout haut et j’ai pas peur et bla bla bla”. J’ai moi-même mis cela en pratique parfois sur mon blogue, parfois dans mes commentaires, parfois dans mes paroles, parfois sous la douche quand je parle à ma bouteille de shampooing. Je me sentais fier de dire ce que je pensais et que je ne me laissais pas marcher sur les pieds. Aujourd’hui, je me rends bien compte que c’est de la foutaise. On n’est pas meilleur parce qu’on a une opinion et surtout pas parce qu’on la dit haut et fort en public.

Aujourd’hui, si on me demande mon opinion, je la partage. Si je dois la défendre durement et publiquement, je préfère laisser tomber.

Peut-être que vous lisez ce post et vous vous dites “Wow, il a raison le jeune” ou bien “Pfff… maudit cave…” mais une chose est sûre, vous oublierez ce que je viens de dire ici. Pourquoi? Tout simplement parce que la citation n’a pas été extraite par vous même. Elle provient d’une source extérieure (qui n’a même pas su la rendre intéressante)  et passe dans votre esprit parmi ces millions d’informations qui sont triées et rejetées selon leur importance.

Maintenant, lisez! Restez ouvert et attentif à votre lecture en écoutant aucune musique et en ne pensant à rien. Si vous êtes chanceux, il y aura environ 1 phrase dans environ chaque 20 livres qui pourrait changer quelque chose en vous. Ça fait beaucoup de ligne à avaler, mais ça en vaut la peine.


Le petit et l’infiniement grand

March 4th, 2008

Si il y a quelque chose que je me demande depuis un certain temps c’est : pourquoi sommes-nous (les humains) plus près du petit que de l’infiniement grand?

Tout d’abord, j’ai quelques difficultés à parler de l’infiniement petit. Voilà une centaine d’années, nous pensions que l’atome était l’unité physique la plus petite. Nous pensions qu’il était impossible de séparer un atome en de plus petites parties. Nous avons appris quelques années plus tard que ce n’était pas vrai et que l’atome était composé de protons, de neutrons et d’électrons. Après ça, on a divisé ces parties en plus petites parties encore… et ça continue. Au moment où je parle, des savants-fous essaient de prouver l’existence du quarks dans d’anciennes mines abandonnées. Ils essaient aussi de prouver que l’on peut survivre en buvant de l’urine et qu’il est possible de communiquer avec les animaux avec la force de notre cerveau… bonne chance!

De l’autre côté, il y a l’infiniement grand : l’univers et ce qu’il y a après. C’est un monde merveilleux fait de planètes, de trous noirs et d’extra-terrestres. Nous pouvons en parler en années-lumières qui est la distance parcourue par la lumière en une année. À 200 000 km/s, ça fait un bon bout de chemin.

Pour en revenir à l’infiniement petit, mon opinion personnelle (si c’est possible d’en avoir une à ce sujet) est qu’il n’existe pas d’infiniement petit mais qu’il existe l’infiniement grand.

Tout d’abord, la température absolue théorique la plus froide qui est impossible à atteindre est de -256 degrés Celsius (ou 0 degré Kelvin). À cette température (jamais atteinte en expérimentation), les molécules n’ont aucun mouvement. Je ne sais pas tout ce que ça peut impliquer mais selon moi, c’est beaucoup plus qu’on peut l’imaginer. Juste pour donner un ordre de grandeur, le four qui date des années 70 qui trône dans ma cuisine peu aisément atteindre +260 degrés Celsius.

Après ça, il y a le temps minimal. J’ai un jour été stupéfait d’apprendre qu’il y aurait un mesure du temps impossible à diviser. C’est un chiffre très petit dont je ne me souviens plus. Allez donc voir là.

Aussi, il y a le quarks qui est ce qui serait le plus petit morceau de matière possible.

Ce sont trois bonnes raisons de ne pas croire en l’infiniement petit.

Maintenant que ceci est dit, je dois retourner à la question de base : pourquoi est-on (les humains) si proche du petit et si loin de l’infiniement grand? C’est une question que je me suis souvent posée au cours des dernières années et on dirait qu’aujourd’hui, la seule réponse que je trouve valable est la suivante : parce que c’est comme ça. Vraiment pas satisfaisant mais je vais exposer une pensée amusante qui pourrait vous guérir de l’incroyable déception que vous venez d’avoir.

J’ai déjà lu quelque part que les géants ne peuvent pas exister si l’on prend en compte qu’ils ne sont qu’un modèle en format jumbo d’un humain. Les pressions qui seraient excercées sur leurs os et leurs articulations seraient trop grandes et ils briseraient. Un géant devrait avoir une ossature et une posture totalement différente de la nôtre pour pouvoir vivre sur Terre.

Ce petit fait anodin et m’a amené à réfléchir sur les extra-terrestres. J’ai alors imaginé une planète 1 million de fois plus grosse que la nôtre avec des êtres 1 million de fois plus gros que nous… vous comprenez le principe, exactement la même chose qu’ici sauf 1 million de fois plus gros. Tout d’abord, la gravité de cette planète serait beaucoup plus grande (enfin, je crois…) mais comme ce qui la compose le serait tout autant, il n’y aurait pas de problèmes… en tout cas, je crois bien. Pour ce qui est de la température de cette planète, je suis perplexe. Pourrait-elle être 1 million de fois plus grande? J’en doute un peu mais je suis pas mal certain qu’il serait beaucoup plus loin que nous du degré 0 absolu. Je n’ai aucune idée si ce que j’avance peut-être possible ou si c’est simplement stupide… mais si c’est probable, j’en arrive à la conclusion que les humains sont si près du petit parce que c’est comme ça. Nous n’avions pas le choix d’évoluer dans cette direction à cause de la gravité, de la pression atmosphérique, de la chaleur et de toutes les composantes physiques de la Terre. C’est tout…

Riez! Riez! Mais, vous ne rirez plus quand des extra-terrestres géants vont débarquer et que le premier pied qu’ils mettront ici écrasera 32% de la population terrestre….


Drummer rapide ViSite drummer créatif

February 22nd, 2008

Un jour j’ai vu un vidéo qui m’a terriblement marqué.

Je vous conseille de ne pas l’écouter au complet à moins que vous soyez drummer ou que les solos de drums vous intéressent vraiment. En l’écoutant, j’en arrive à deux conclusions :

  1. Les drummers des années 80 sont laids
  2. La rapidité l’emportera toujours sur la créativité

Ce sont tous d’excellents drummers (malgré ce que leur chevelure peut suggérer). Dave Weckl (prononcé Ou-è-kel) débute avec une bonne idée : un genre de solo avec ses cymbales. Vinnie Colaiuta continue avec un solo très rapide (et des grosses lunettes affreuses). Il se fait applaudir. Steve Gadd continue sur son solo qui peut ressembler à une marche militaire (vers 2m45) avant d’entamer la trame de fond qui durera jusqu’à la fin. Son solo est “le moins impressionnant”. Après ça, les feux d’artifice commencent. Les trois drummers prennent chacun 4 mesures de solo.

Vers 4 minutes 20 secondes, Vinnie joue très rapidement, il donne des coups de baguettes sur ses “tambours” et la foule l’applaudie. Tout de suite après Dave essaie d’en mettre autant mais ne reçoit pas l’appui de la foule comme il le voudrait. Plus le temps avance, plus le combat est féroce entre Vinnie et Dave. Steve reste derrière comme un moment de répit entre les 2 affamés de l’adoration de leur égo. Ils essaient de jouer de plus en plus vite et de plus en plus fort. Hélas pour eux, Ils avaient donné tout ce qu’ils avaient dès leur deuxième solo et ils ne font que se répéter pendant 5 minutes. Ils ont misé sur la rapidité.

Steve lui est resté peinard derrière son drum. Il tient le beat et continue ses solos qui semblent tellement mélodiques qu’on pourrait presque les chanter (regarder le bout à environ 5 minutes 30 secondes et 6 minutes). Il a tout misé sur la créativité. Chacun de ses solos est basé sur une idée qui évolue durant 4 mesures plutôt qu’être un piochage très rapide mais sans intérêt. À 7 minutes 50 secondes, il donne le coup final. Un solo basé sur un contretemps que j’arrive même pas à compter. C’était son dernier tour et il est resté plein de créativité jusqu’au dernier moment.

Tout de suite après, Vinnie vient de essaie de sortir un lapin de son chapeau avec un solo tout simplement grotesque. Il fait des faces pour faire croire que c’est difficile mais en fait, il est tout simplement vide de créativité.

Mon analyse me mène à la conclusion suivante : Steve Gadd est le meilleur. Pas le plus rapide, pas le plus technique, pas le plus impressionnant mais le meilleur (et de beaucoup). Ce qui le différencie est ce qu’il a dans la tête. Sa façon de jouer mélodique, le moment où il entre dans le beat pour nous réconforter, le moment où il est complètement off-beat pour nous suprendre sans être désagréable, la simplicité, l’esthétique. C’est ça être un grand drummer.

C’est donc un constat terrible que je fais quand je me rends compte que la plupart des gens de l’assistance ont sûrement plus apprécié la rapidité de Vinnie ou de Dave plutôt que la créativité de Steve mais c’est comme ça, la rapidité l’emportera toujours sur la créativité.

Je vous laisse donc sur deux vidéos de Steve Gadd. Le premier explique un des beats les plus créatifs de la musique moderne : 50 ways to leave your lover de Paul Simon. Le deuxième est la toune elle-même. Il est à noter que Paul Simon se trompe en commençant la toune trop tôt, il faut avouer que le drum est plutôt non-conventionnel .Bonne écoute!


Ma mort contre celle d’une chenille

January 31st, 2008

J’aime faire du vélo durant l’été. J’essaie d’en faire le plus souvent possible et dans ma ville, l’endroit le plus plaisant (quand il n’y a pas trop de monde) c’est la piste cyclable. C’est un 11km asphalté dont la majeure partie se trouve hors de la ville, à travers les arbres (on ne peut pas vraiment parler de forêt).

Rendu au mois d’août environ, les chenilles brunes et poilues ont l’idée de traverser la piste cyclable sûrement dans l’idée que les feuilles sont plus vertes de l’autre côté. Il n’est pas rare de voir leurs corps mort coupé en deux ou tout simplement écrasé avec du jus sortant par les deux bouts. C’est dégueulasse. Pour ma part, j’évite toujours de les écraser. Un jour, par contre, je suis passé à deux poils de chenille d’en écraser une. Il faut dire qu’à la vitesse où je vais, il faut rester attentif aux bébittes qui traversent. C’est à partir de ce moment que j’ai eu les réflexions suivantes.

Chenille brune et poilue

L’intelligence de la Terre

J’ai toujours eu beaucoup de respect (autant qu’il est possible de le faire pour un humain) envers la Terre. C’est une planète accueuillante, chaleureuse et magnifique. On n’a qu’à comparer avec n’importe quelle planète du système solaire (qui sont soit arides, soit simplement un boule de gaz) pour se rendre compte de la diversité qu’elle nous offre. C’est pourquoi j’ai toujours vu la Terre comme étant intelligente. Je sais que c’est ridicule de donner cette particularité humaine à la Terre puisqu’elle n’est qu’une boule de roches mais je ne crois pas me tromper en disant qu’elle possède une “force” que nous ne comprenons pas. Je vois la Terre comme une alliée qui s’est offerte pour que les êtres vivant (de la bactérie à l’humain) puissent la peupler et échanger avec elle. Les animaux vivent en utilisant les ressources de la Terre et en les lui redonnant d’une autre façon. Le ver de terre est l’exemple parfait de cet échange : il creuse la terre, se nourrit de ses débris et redonne à la Terre en aérant et en fertilisant le sol. Simple.

J’essaie maintenant d’imaginer la Terre toute heureuse de voir les premiers humains arriver. On a fini par s’insérer quelque part dans la chaîne alimentaire et on mangeait des animaux et certains animaux nous mangeait. Après, on s’est mis à cultiver la terre. C’était encore un bon échange puisqu’un seul humain pouvait aérer une grande surface du sol tout en utilisant les produits de la terre pour se nourrir.

Mais voilà que tout se met à déraper. Plutôt que de garder une place définie comme toutes les autres espèces, l’humain se met à se séparer et exploiter les ressources de la Terre comme si elles étaient à lui afin de dominer les autres êtres vivants.

La plupart des gens pensent que l’humain occupe en roi la toute première place de la chaîne alimentaire mais ils se trompent. On s’est créé notre propre chaîne alimentaire bâtie sur la viande d’animaux domestiqués. L’humain rencontre rarement la “vrai” chaîne alimentaire sauf lorsqu’il se fait manger par un lion ou par un requin blanc (en fait, le requin blanc n’aime pas vraiment manger les hommes. La plupart des morts faits par eux n’ont été victime que d’un test bite ou une morsure de test. Les requins évaluent si quelque chose est mangeable en prenant une première croquée. Le problème est que ça laisse des traces quand on a des centaines de lames de rasoir dans la bouche).

La Terre n’est vraiment plus contente de nous.

Quand aux nouvelles ils parlent de tremblements de terre, de tsunamis, de verglas, de désertification ou de réchauffement de la planète, je ne peux m’empêcher de penser que la Terre nous déteste. Ces phénomènes naturels sont sa façon à elle de nous dire “Arrêtez tout ça et allez-vous en de là”.

Moi et la chenille

J’ai donc pensé à tout ça parce que j’avais failli roulé sur une seule chenille sur les milliards et les milliards qui vivent présentement sur la planète. Je n’ai pas pu m’empêché de penser que si la Terre aurait pu décider à ce moment entre ma mort et celle de la chenille, elle m’aurait condamné sans cligner des yeux. Pourquoi? Parce que depuis que je vis, je ne fais qu’exploiter ses ressources à des fins purement personnelles. Même lors de ma mort, elle ne pourra pas récupérer les quelques restes de mon corps pourri parce qu’il sera sûrement brûlé dans un grand four qui polluera l’air. Mes dernières cendres seront mises dans une petite boîte et des gens vont garder cette petite boîte avec un photo de ma vieille face à côté. Ils seront triste parce que je serai mort. La Terre, de son côté, va regretter tous les moments où j’aurais pu tomber en vélo, me fendre la tête sur l’asphalte et mourir plus tôt.

La couleuvre et moi

Un peu plus tard dans l’été, j’ai roulé sur une couleuvre. C’est difficile de voir une petite bête noire à travers les ombres des arbres. L’instant où je l’ai écrasé, j’ai mis les freins et je suis allé voir son état. Par chance, elle semblait bien aller. J’ai juste eu le temps de m’excuser et elle est repartie dans les bois, satisfaite de mes excuses.

Si j’écris cette aventure quelques mois plus tard après que ça se soit passé, c’est parce que j’ai entendu une phrase hier qui m’a secouée et qui j’espère va vous faire la même chose.

Si tous les insectes meurent demain, toute la vie sur Terre finierait par mourir. Si tous les humains meurent demain, toute la vie sur Terre s’épanouierait.


Choisir sa carrière en recherchant les trous

January 28th, 2008

Choisir sa carrière

Dans un article précédent, je parlais de comment choisir sa carrière pendant ses études. L’article qui suit explique comment choisir sa carrière pendant que l’on est sur le marché du travail.

Il y a deux façons de choisir sa carrière :

  1. étudier, avoir un diplôme, travailler dans le domaine que l’on a choisi.
  2. étudier (optionnel), avoir un diplôme (optionnel), travailler n’importe où, rechercher les trous

J’adore l’image du trou. Dans notre environnement de travail, il y a des trous partout : un problème pénible, une question sans réponse, une situation impossible, etc. Ces trous ne correspondent souvent à aucune compétence apprise dans la stricte rigidité d’un cours académique. Il plutôt s’agit d’un complexe mélange d’expérience, d’intelligence (émotionnelle) et d’opportunisme. C’est justement à cause de ce mélange difficilement définissable que la plupart des gens préfèrent ne pas boucher les trous. C’est beaucoup plus facile de s’en plaindre et de continuer le travail que l’on est habitué de faire que d’essayer d’y trouver une solution. D’ailleurs, on a rarement (voir jamais) l’autorisation d’un supérieur à faire cet autre chose qui n’est pas notre quotidien monotone habituel. Il faudrait être fou pour entreprendre quelque chose qu’on n’est pas certain de réussir et qui en plus n’a pas l’accord du patron.

Justement, ce sont ces fous qui choisissent vraiment leur carrière. Ils foncent (peut-être par manque d’intelligence) et essaient de boucher les trous. Par exemple, un programmeur qui s’attaque au problème trop bien connu du “vol” de matériel de bureau (stylos, notepads, effaces) qui coûte des centaines de dollars inutiles à la compagnie. Mais voyons, ça se peut pas. Il ne connaît rien là-dedans. C’est pas à lui à faire ça? D’accord. Donc, c’est à qui de le faire? La réponse est : personne. Ce problème est un trou parce qu’aucune compétence spécifique permet de le régler. La responsable du matériel de bureau va se plaindre des vols, le président va envoyer une note interne qui dit que “c’est méchant de voler du matériel de bureau” mais personne n’y fera rien. Sauf, ce programmeur imbécile qui prendra le problème en charge.

Qu’est-ce que la résolution de ce problème changera pour la carrière du programmeur? Personne ne le sait parce qu’un chemin de carrière amusant et stimulant est souvent tortueux. Peut-être que ça va l’amener à un poste particulier dans l’entreprise qui lui permettra d’améliorer les performances de divers départements et qui n’aura aucun rapport avec la programmation. Peut-être que ça va l’amener à avoir la gestion d’un projet informatique important. Peut-être ça ne l’amènera à rien. Mais lorsque quelqu’un prend un risque, même l’échec est plus souvent qu’autrement récompensé.


Choisir sa carrière en s’usant le derrière

January 21st, 2008

Je suis en train de lire Le paradoxe du choix : pourquoi plus est moins de Barry Schwartz qui est un livre bien mais sans plus. Le contenu du livre est excellent mais la façon dont il est écrit est un peu inconsistante. Il y a des auteurs qui savent écrire pour donner de la vie à leurs “recherches” en utilisant des exemples très proche de la réalité du lecteur. Ce n’est pas le cas de ce livre.

Par contre, ce n’est pas du tout du livre en tant que tel que je veux parler mais d’un bout que je viens de lire.

Les étudiants prennent des années sabbatiques, enchaînent les petits boulots et multiplient les stages, dans l’espoir que surgisse une réponse à la question : “Que ferai-je quand je serai grand?” […] les étudiants seraient peut-être plus heureux s’ils avaient un peu moins de talent, ou un peu plus de contraintes familiales.

Pour la première fois de ma vie, je lis une phrase complètement sensée à ce sujet.

Les deux types de personnes

Je remarque personnellement autour de moi de plus en plus de gens très intelligents et très talentueux qui n’ont aucune idée de quoi faire de leur vie. Ces gens se sont faits dire toute leur vie qu’ils étaient tellement bons et gentils qu’ils pourraient travailler dans n’importe quel domaine. C’est justement ce choix infini de domaine qui leur cause un problème : ils ne savent pas lequel prendre. S’ils font un choix, ils en sont malheureux parce que peut-être un autre domaine les auraient rendu plus heureux. Ils croient en un travail idéal et se borne à le rechercher, peu importe le coût et les retombées négatives sur leur vie.

Il y a aussi les autres personnes. Ces gens ne sont pas extraordinairement intelligents et pas extraordinairement talentueux. Très tôt dans leur vie, ils ont fait un choix parmi le peu qu’il leur était proposé. Ils ont commencé à travailler lorsqu’ils étaient jeunes et ont ajusté le tir si les choses n’allaient pas. Ils ont eu une solide expérience réelle tout en apprenant à se connaître et à prendre des décisions face à leur vie. Est-ce que leur manque de choix les a rendu malheureux? Vraiment pas parce que plutôt que d’attendre de trouver le travail parfait, ils ont trouvé un travail imparfait et ont fait de leur mieux pour l’amener vers la perfection.

Le marché du travail

Lorsqu’on est moins expérimenté sur le marché du travail, on croit que la décision d’étudier dans une branche en particulier est très importante puisqu’on ne pourra pas changer une fois terminé. C’est tout-à-fait faux! La plupart des gens que nous connaissons ne travaillent même pas de le domaine dans lequel ils ont étudié tout simplement parce que celui-ci était trop restreint. Et cette proportion va aller en augmentant avec l’augmentation des emplois dans le domaine du savoir plutôt que celui du faire.

Wow! Un diplôme

Les gens talentueux ont aussi des attentes énormes envers le diplôme qu’ils pourraient décrocher à la fin de leurs études pénibles et ennuyantes. Ce bout de papier n’est que la représentation physique de plusieurs années à s’user le derrière sur un banc d’école (parce qu’il serait plutôt mal vu d’accrocher une photo de son derrière usé au dessus de son bureau). Papa et maman seront contents de voir leur “petit” entrer chez les “grands”.

Pour les employeurs, clients, associés ou collègues, ce bout de papier n’est que du… papier. Il ne garantie pas la compétence. Il ne garantie pas le bon rendement. Il ne garantie pas la soif d’apprendre. Si l’on veut trouver ces qualités, il faut les voir dans la personne elle-même et non dans les études, aussi prestigieuses soit-elles, qu’ils ont fait.

Je ne peux m’empêcher de penser aux plus grands pas instruits de la planète : Bill Gates et Steve Jobs. Les deux ont lâché l’école, les deux sont devenus de grands pionniers dans leur domaine. Personne ne leur a demandé s’ils avaient un diplôme attestant qu’ils avaient les compétences nécessaires pour se rendre où ils se sont rendu. Ils l’ont seulement fait en misant sur leurs qualités et leurs forces. Dire que maman et papa ont dû vraiment être déçu quand ils ont abandonné les études…


Évolution : Concepts de base

January 14th, 2008

Si il y a bien quelque chose d’amusant dans le fait d’avoir un blogue impopulaire dont les lecteurs n’ont que peu d’attente à propos de la qualité du contenu, c’est que je me sens libre d’écrire. Quand vous finissez de lire un post et que vous vous dites “c’est nul”, il est très probable que j’en pense la même chose. C’est pour ça que j’ai le goût d’écrire sur un sujet qui m’intéresse particulièrement et qui n’a aucun rapport au web, à l’entrepreneurship ou à la programmation : l’évolution. Je parle bel et bien de l’évolution des espèces animales (dont nous faisons parti). Il est à noter que les informations contenues dans cet article peuvent ne pas être exactes et réflètent ce que je comprends et déduis de mes lectures.

En quelques mots, la théorie de l’évolution dit que tous les êtres vivants proviennent d’un ancêtre commun et se sont différentiés par une série de mutations. Facile, tout le monde sait ça.

Améliorations VS mutations

Vous avez peut-être remarqué le mot mutation dans la définition. Certaines personnes trouvent ça drôle de parler de mutation. Pour eux, un mutant est le personnage imaginaire suivant :
Un mutant

Je suis un mutant et je fais un régime à base de légumes et de fruits crus. J’aime aussi porter des vêtements déchirés lorsque je regarde avec mon oeil gauche.

Pourtant les mutants sont parmis nous.

L’histoire des mutants

Au début, il y avait la perfection. Qu’est-ce que c’était? Je ne sais pas. Une bactérie peut-être. Toujours est-il que cette chose se reproduisait de façon plus efficace (mais beaucoup moins amusante) que nous. De une, elle se séparait en deux choses parfaitement identiques.

Sans nous occuper des détails (que je ne connais pas et qui sont sûrement encore matières à chicanes entre les scientifiques), la chose est devenu porteuse de gènes qui sont les instructions qui composent la structure de l’être. Une erreur/modification à cette structure s’appelle une mutation.

Petit à petit, les êtres se sont reproduits, leurs gènes ont été victimes de mutations qui a changé leur structure et sont devenus les espèces que l’on connaît aujourd’hui. Nous sommes donc le produit des erreurs accumulées sur des milliards d’années. De parfait, nous sommes devenus “imparfait”.

Sale mutant!

Il y a une probabilité que vous soyez un mutant. Peut-être avez-vous une mutation qui n’a aucun effet sur vous. Par contre, faites attention avec qui vous vous reproduisez parce que si elle est porteuse de cette même mutation, vous allez la transmettre au produit de votre reproduction… votre enfant si vous préférez.

C’est le cas du Saguenay où ils sont pris avec une maladie appellée l’ataxie de Charlevoix-Saguenay (ARSACS).

Une (1) personne sur 22 est par ailleurs porteuse du gène de l’ARSACS dans ces régions. […]
Pour avoir un enfant atteint de la maladie, il faut que les deux (2) parents soient porteurs du gène de l’ARSACS ; lorsque les deux (2) parents sont porteurs, leur risque d’avoir un enfant atteint est de 1 sur 4 (25%) à chaque grossesse

Mutation VS sélection naturelle

La sélection naturelle est le processus qui favorise ou défavorise la survie d’un être vivant. Si nous vivions encore dans une ère où notre survie serait mise en jeu, les gens souffrant de l’ataxie (voir plus haut) auraient peu de chances de survivre puisque qu’ils auraient eu de la difficulté à chasser et se nourrir. Peut-être serait-il mort parce qu’ils auraient été moins capable de se défendre contre un prédateur ou courir plus vite. C’est la sélection naturelle, elle aurait favorisé la survie des gens plus forts au détriment des plus faibles. De cette façon, l’espèce garde ses individus les plus talentueux à la survie, les plus aptes à se reproduire et à donner des êtres tout aussi talentueux.

On ne peut pas dire que ce sont les individus les plus forts physiquement qui ont le plus de chance puisque nous sommes une espèce qui est physiquement moins forte que beaucoup d’autres mais nous avons survécu grâce à notre talent à la survie, que l’on peut considéré comme étant le cerveau.

Voici ce qui conclue le premier article d’une série que j’ai envie d’écrire sur l’évolution. J’ai exposé la base des concepts qui vous aidra à mieux comprendre les prochains articles et qui m’aide à moi-même essayer de comprendre ce que je vais écrire.


Améliorer mes faiblesses ou mes forces

January 8th, 2008

Si il y a bien un questionnement sur lequel je me questionne, c’est vraiment le questionnement suivant : Est-ce que je devrais améliorer mes forces ou mes faiblesses?

Améliorer ses faiblesses

C’est ce que tout le monde nous dit de faire. Je vais me prendre en exemple. Je suis mauvais en graphisme, c’est un fait. Récemment, je me suis borné à refaire l’image de Javascript Kata.

Voici le vieux design
Javascript Kata - vieux design

Voici le nouveau design
Javascript Kata - nouveau design

Wow! Toute une amélioration! Je suis vraiment fier de moi. Le nouveau design est slick, clean et pas mal plus web2.0. Sauf que mon excitation tombe dès que je vais sur Ruby Fleebie (le site de Frank) qui a été fait par un vrai graphiste (pour ne pas le nommer). J’en viens à me dire que les seules choses que j’ai fait c’est : ajouter un dégradé en haut et en bas, avoir utilisé une police de dafont.com et voler une image sur un site quelconque et en faire mon logo. Tout ça en tellement d’heures que je suis gêné d’avouer combien…

J’aimerais m’améliorer en tant que graphiste mais avant que je sois assez talentueux pour être considéré comme un peu professionnel, ça va me prendre plusieurs années. Même quand j’aurai atteint ce niveau, quelles seront les retombées pour moi? Personne ne sera assez fou pour me payer pour faire du graphisme quand ils peuvent en payer un vrai pour le même prix. Ce n’est pas non plus en faisant moi-même le graphisme de mes sites que je vais rentabiliser mes heures perdues à m’améliorer.

Améliorer ses forces

Je suis programmeur (je n’ai presque plus honte de le dire). Quand est venu le temps de m’améliorer il y a 7 ans, je suis passé de la programmation win32 à la programmation web. Après ça, j’ai appris le CSS, le Javascript, le XML/XSL, le PHP, RubyOnRail et ça continue. J’ai améliorer ma force qui s’est transformée en plein de connaissances dont je ne suis pas gêné d’être payé pour les mettre en application.

L’autre jour, je parlais à Alex (guitariste/chanteur du band dont je suis drummer, Les Mallèchés) et il me racontait qu’il avait commencé à jouer de la basse quand il était plus jeune. Je lui ai donc demandé si il jouait encore et il m’a répondu : “T’es fou, j’ai encore ben gros à apprendre sur la guitare“. Une autre façon de me dire qu’il préfère améliorer ses forces. Il faut dire que c’est pas un deux de pique avec une guitare ce gars-là.

Conclusion?

Quand j’ai commencé à écrire cet article, je me questionnais vraiment sur ce qui était l’idéal mais à force d’écrire, j’en viens à la conclusion que je préfère travailler mes forces.

Comment est-ce que vous voyez ça?


Je me sens stupide d’avoir fait ce choix

January 4th, 2008

Voilà! La nouvelle année 2008 commence et je me sens stupide d’avoir fait le choix d’être entrepreneur plutôt qu’employé. Le récit suivant se passe le 2 janvier 2008

À mon réveil, je suis un peu tourmenté par le fait que janvier sera un mois de vaches maigres. Le prochain show avec Les Mallèchés sera le 26 janvier et d’ici là, je n’ai pas de contrat et j’attends des chèques.

La facture de EC2 (où est hébergé le listener de TimmyOnTime) vient d’entrer. 68$ pour le mois complet (excuse-moi de t’annoncer ça de même Frank).

Après ça, je brise une fenêtre de la porte en arrière. C’est pas si pire mais pour ceux qui ont moindrement travaillé sur quelque chose qui a environ 50 ans savent que c’est tout croche et que ça fittera pas. Avoir eu un emploi, j’aurais payé un bozo pour qu’il vienne me faire ça en 30 minutes. Mais comme je ne peux pas me permettre ça,  je dois utiliser mon pas de talent pour les travaux manuels et prendre des heures pour remplacer une minuscules fenêtre.

Maintenant, que la fenêtre est enlevée et que je dois en remettre une autre, il faut que j’aille chercher un coupe-vitre chez mon père et du stuff pour faire tenir la fenêtre à la quincaillerie. Heureusement, j’ai été intelligent et j’ai pluggé mon auto ce matin pour être certain qu’il parte. Je mets la clé dans la serrure et… rien. Même pas un étouffement qui pourrait me laisser croire qu’il va peut-être partir un jour. Seulement un petit tic! comme pour me dire “Il se passe quelque chose mais c’est vraiment sans importance. Il va falloir me remorquer au garage”.

Après, je vais m’entraîner au gym qui est à environ 15 minutes de chez-moi (à pieds). Je prends mon lecteur MP3, il ne fonctionne plus. Il m’en faudrait un autre. C’est tout de même pas ce qui va m’arrêter et je pars quand même au gym. Rendu dans le vestiaire, j’ai la vision de mes souliers qui sont restés dans mon garde-robe.

Si j’avais un emploi, je pourrais règler tous ces problèmes en utilisant mon sécurisant pouvoir d’achat. Mais non, mon pouvoir d’achat est à zéro puisque je viens de me lancer en affaire et, comme tout le monde le sait, c’est difficile au début… et encore un peu après le début…

Je ne peux que remercier le ciel d’avoir fait de moi quelqu’un de stupide. Ce début d’année est difficile, je me réveille le matin pour penser à mes choix, je suis plus stressé qu’à mon habitude, j’ouvre la boîte aux lettres à toutes les 5 minutes pour regarder si j’ai un chèque. Malgré tout, je n’ai toujours aucun goût de revenir en arrière et je vais continuer à foncer dans le tas… on verra bien où ça mène.


On a vraiment été cave de faire ça en 2007

January 2nd, 2008

Une des dernières fois que j’ai travaillé avec Frank avant les vacances de Noël, il m’a dit la phrase suivante : “On a vraiment été cave de faire ça” (pour aller trop loin dans les détails, il parlait de pas utiliser act_as_authenticated et de coder l’authentification à bras). Beaucoup de gens considèrent ça innaproprié et irrespectueux comme commentaire. De mon côté, j’aime bien me faire dire que je suis cave ou que je l’ai été dans un passé pas si lointain.

Tout d’abord, le moment où je me considère cave est le même moment que celui où je deviens meilleur. Sois j’apprends qu’il faut faire telle chose, sois j’apprends qu’il ne faut pas faire une autre chose, sois je reconnais une erreur stupide. En gros, je suis prêt à aller plus loin.

Ensuite, ça prouve que je n’ai pas l’égo assez enflé pour penser que ce que je fais est toujours la meilleure chose. Il arrive parfois que les gens font des erreurs évidentes, trouvent plein de raisons de justifier leurs erreurs et persistent pendant des années. Pendant ce temps, les gens capables de reconnaître leur stupidité continuent à être caves et à en apprendre à tous les jours.

Personellement, j’essaie de ne pas avoir trop de respect pour les choses que j’ai faites voilà plus de 6 mois. Sinon, j’ai l’impression de vouer un culte à un gars dépassé par la nouvelle technologie qui pensait qu’il faisait la bonne chose. Je trouve le Dan 2007 plus cave que le Dan 2008. Le Dan de 2004? Je voudrais même pas lui parler si je le voyais dans la rue tellement il est cave. Le problème provient du fait que certaines personnes 2008 sont très semblables à leur propre personne 2004.